Destruction physique ou effacement logique : quelle methode selon le support ?

Chaque type de support a sa methode. Voici laquelle, et pourquoi.

Effacer un support avant de s'en separer ne se fait pas de la meme facon selon qu'il s'agit d'un disque dur mecanique ou d'un SSD. Une methode adaptee a l'un peut etre inefficace, voire trompeuse, sur l'autre.

Disques durs mecaniques (HDD) : la destruction physique

Un disque dur mecanique stocke ses donnees sur des plateaux magnetiques. On peut les ecraser avec un logiciel, mais c'est long : plusieurs heures par passe pour un disque de 1 To, et une journee ou plus si l'on multiplie les passes. Sur un disque ancien ou defaillant, certains secteurs ne peuvent plus etre ecrases, et il devient impossible de garantir que tout a ete efface.

La destruction physique, par percage des plateaux a plusieurs endroits, est rapide, verifiable a l'oeil nu et ne depend pas de l'etat du disque. Le disque est mis hors d'usage, ce qui est sans consequence pour un materiel destine au recyclage.

SSD : l'effacement logique via la commande du fabricant

Un SSD fonctionne autrement. Son controleur repartit les ecritures sur toutes ses cellules memoire et en garde une partie en reserve, qu'aucun logiciel ne peut adresser directement. Un ecrasement classique peut donc laisser des donnees intactes dans ces zones.

Le percage est lui aussi peu fiable sur un SSD : les puces memoire sont petites et reparties sur la carte, il est facile d'en manquer. La bonne methode consiste a envoyer au SSD sa propre commande d'effacement securise (ATA Secure Erase pour les SSD SATA, commande equivalente pour les SSD NVMe), qui demande au controleur de vider l'ensemble des cellules. Autre avantage : le SSD reste en etat de marche et peut etre reconditionne.

Cles USB et cartes memoire

Ces supports sont traites au cas par cas : effacement logiciel ou destruction physique, selon leur etat et la sensibilite des donnees qu'ils ont contenues.

La preuve, dans tous les cas

Quelle que soit la methode, vous devez pouvoir prouver ce qui a ete fait. Chaque support traite fait l'objet d'un certificat indiquant son numero de serie, la methode employee (destruction physique ou effacement logique) et la date. Sur demande, des photos du disque perfore, numero de serie visible, sont jointes au certificat.